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Deux secteurs sur trois devraient retrouver la croissance cette année
Une reprise, certes, mais une reprise sans tonus. Après une chute de l'activité sans précédent l'an dernier et une quasi-stabilité du PIB au premier trimestre (+ 0,1 %), le Crédit Agricole n'anticipe pas de coup d'éclat, tablant sur une croissance de 1,1 % cette année, inférieure à la prévision de l'Insee et du gouvernement (+ 1,4 %).

D'un point de vue sectoriel, les économistes sont toutefois un peu plus optimistes qu'en début d'année : sur 37 secteurs passés au crible, les deux tiers devraient finalement afficher une croissance de leur activité en 2010. Il faut dire que la plupart étaient tombés bien bas l'an dernier : plus de la moitié affichaient des baisses d'activité à deux chiffres…
Modeste, la reprise ne permettra donc pas à la plupart des entreprises de retrouver leur niveau d'activité d'avant la crise. C'est d'ailleurs ce que constate l'Insee, mois après mois, dans l'industrie manufacturière : si la production se redresse lentement depuis un an, elle reste encore inférieure de 13 % à son niveau du printemps 2008.
« Fin du déstockage »
Dans le détail des secteurs, « les biens intermédiaires, notablement affectés dès 2008, connaîtront un rebond plus marqué que la production industrielle globale », prévoit le Crédit Agricole. Il anticipe, par exemple, une croissance de 14 % en volume dans la sidérurgie, après une chute de 28 % en 2009. « La construction mécanique, le travail des métaux et les tubes s'appuieront sur la fin de déstockage », précise-t-il. La sidérurgie sera tirée aussi par l'industrie automobile : même si la fin progressive de la prime à la casse va peser sur les ventes, la production de voitures en France devrait croître de 5 % en 2010. Mais, là aussi, l'effet de base est important : elle avait chuté de 15 % en 2009, « les usines ayant cessé de tourner une bonne partie de l'année ».
Le Crédit Agricole n'anticipant pas de reprise de l'investissement avant 2011, la situation est moins favorable dans les biens d'équipement (une baisse de 4 % est par exemple attendue dans l'équipement mécanique). Entré tardivement dans la crise, le secteur de la construction va également continuer à souffrir, « les collectivités locales réduisant leurs budgets de travaux publics, compte tenu des incertitudes sur leurs ressources de taxe professionnelle ». Du côté des biens de consommation, la production de textile-habillement va poursuivre son lent déclin mais les Français vont continuer à se soigner, permettant à l'activité pharmaceutique de progresser de 4,5 %, prévoit le Crédit Agricole.
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