ESPACE FÉDÉRATIONS > Matériaux, Céramique > 1 Actualités > Le cimentier français Lafarge veut doubler ses capacités de production en Chine (Les échos 14 juin 2010)    

Le cimentier français Lafarge veut doubler ses capacités de production en Chine

 

La Chine représente déjà plus de 10 % des capacités de production du premier cimentier mondial et l'équivalent de l'ensemble de ses ventes en Europe occidentale. Le groupe est déjà le plus important cimentier non chinois présent dans le pays. Dans un marché en consolidation, il se dit prêt à étudier toutes les opportunités.

 

 

 

 

La Chine représente déjà plus de 10 % des capacités mondiales de production de Lafarge et elle va continuer à monter en puissance au sein de son dispositif. Le premier cimentier mondial y possède 24 millions de tonnes de capacités, soit l'équivalent du total de ses ventes en Europe occidentale l'an dernier. « Nous avions dit il y a deux ans que nous voulions doubler nos capacités chinoises. Aujourd'hui, sur la base de 35 millions de tonnes, nous envisageons encore de les doubler, ce qui signifie cette fois passer à 70 millions de tonnes  », a indiqué Bruno Lafont dans un entretien aux « Echos », à l'occasion de son passage en Chine. A l'époque, il s'agissait de porter ces capacités à 40 millions de tonnes. Or, avec les extensions d'usines, elles passeront à 35 millions dès la fin de cette année et à 40 millions l'an prochain.

 

Marché en consolidation

Le groupe, qui constitue le plus important cimentier non chinois présent dans le pays, invitait, la semaine dernière à Shanghai, un millier de ses interlocuteurs locaux (clients, fournisseurs et personnalités) pour l'Exposition universelle, comme partenaire du pavillon français de cet événement organisé autour du thème « Vers de meilleures villes ».

 

Les plus de 10 millions de visiteurs attendus au pavillon français augmenteront la notoriété locale du groupe, mais c'est bien sur le terrain que se prennent les positions pour demain, surtout en Chine. Le pays représente plus de la moitié de la consommation mondiale de ciment, mais son marché reste fragmenté entre 4.000 cimentiers, dont beaucoup de petits acteurs aux sites obsolètes, que les autorités préfèrent fermer ou faire racheter pour réduire la pollution. A cet égard, Lafarge, qui veut axer sa croissance future sur les quatre provinces du Sud-Ouest du pays où il est déjà présent, a reçu la semaine dernière de claires sollicitations de l'une d'entre elles, la ville-province de Chongqing. Fin 2010, avec ses extensions en cours, « les capacités locales de Lafarge passeront de 6 à 10 millions de tonnes et nous l'encourageons à racheter des compagnies locales. Il pourrait avoir 10 millions de tonnes supplémentaires », n'a pas hésité à déclarer le maire de la ville, Huang Qifan, qui accueillait Bruno Lafont et les médias. Emanant d'une province de la taille de l'Autriche et dont la ville-capitale se targue d'être l'une des plus grandes métropoles au monde (avec une agglomération qui compte 32 millions d'habitants), la proposition de doubler la présence du groupe a visiblement enchanté les managers de Lafarge et son dirigeant, qui s'est dit prêt à étudier toutes les opportunités.

 

Dans un autre de ses bastions, la province du Sichuan, Lafarge inaugurera en septembre une ligne de production flambant neuve sur son site de Dujiangyan, qui deviendra ainsi la troisième plus grosse cimenterie du groupe. C'est un symbole fort, puisque Dujiangyan se situe à 21 kilomètres de l'épicentre du tremblement de terre qui a ravagé en mai 2008 le Sichuan, provoquant plus de 100.000 morts.

 

En deux ans, l'usine s'est non seulement relevée de ses cendres mais aura gagné en capacités. De quoi s'attirer un peu plus les faveurs des autorités, après avoir activement contribué à la reconstruction de la province par diverses initiatives et donations. Celles-ci ont d'ailleurs valu au responsable de Lafarge au Sichuan d'avoir été, l'an dernier, un des porteurs de la flamme olympique…