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Le gisement inexploité des vieux papiers de bureaux en France (Source Les Echos du 12 mars)
L'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) et la filière du recyclage veulent encourager le développement du ramassage spécifique.
Les bureaux se débarrassent chaque année de 700.000 tonnes de papier et seules 123.000 tonnes sont récupérées et recyclées. « Tout reste à faire dans ce domaine, c'est le dernier grand gisement de papier à conquérir », juge Noël Mangin, le directeur du syndicat de l'industrie du recyclage des papiers et cartons (Revipap). Le papier d'impression de bureau représente la troisième production de vieux papier derrière les éditions publicitaires et la presse mais il reste loin derrière leurs forts taux de récupération de plus de 60 %. Ce gâchis est d'autant plus regrettable que les déchets de bureautique génèrent un papier de meilleure qualité dont le prix de rachat peut atteindre 180 euros la tonne, à comparer avec le papier magazine, limité à 60 euros la tonne. « Cette situation est absurde, il existe une demande des papetiers », regrette Didier Toqué, directeur de l'entreprise de collecte Nouvelle Attitude.
Car la plupart des entreprises évacuent leurs déchets de papier par les circuits municipaux financés par la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. Ce mode de collecte généraliste aboutit au mieux au recyclage des fibres dans du carton ou des papiers bas de gamme. La filière a déjà anticipé le potentiel de ce gisement, le papetier français Arjowiggins a racheté à Château-Thierry (Aisne) une usine spécialisée, mais elle peine à s'approvisionner correctement.
Seuls les grands quartiers de bureaux comme la Défense, en région parisienne, ont mis en place des grosses collectes spécifiques. Ailleurs, c'est le secteur de l'économie solidaire qui, porte à porte, tente de convaincre les entreprises de lui confier leurs petits gisements. Ces entreprises d'insertion comme Elise ou Nouvelle Attitude proposent la récolte quotidienne ou à la demande des fruits des petites corbeilles de bureau. « Les grands récupérateurs comme Paprec ou Veolia ont une logistique adaptée pour de gros conteneurs. Mais la plupart des entreprises ne peuvent stocker que des petits volumes de 120 à 700 litres », explique Cyrille Karas, responsable des opérations chez le collecteur Elise. Du coup, les tarifs de collecte sont supérieurs au prix de 140 euros la tonne pratiqués par les grands opérateurs.
Cette filière sent le vent du boulet depuis le début de la crise en 2008, les prix du papier ayant chuté de moitié. Ces derniers mois, le cours est revenu à son plus haut mais les volumes n'augmentent plus si vite. Elise a collecté 1.500 tonnes en 2008, le double en 2009 mais n'espère qu'une progression de 30 % cette année. Ce tassement s'explique également par les efforts de réduction de la consommation des entreprises. « Chez la plupart de nos nouveaux clients, on mesure une baisse des volumes de 20 % après un ou deux ans de collecte. C'est l'effet des campagnes de sensibilisation que nous menons auprès des employés sur la réduction des gâchis », constate Cyrille Karas.
Ce secteur pourrait gagner un gros coup de pouce grâce à la loi REP, qui vient d'entrer en application (lire encadré). L'Ademe, Revipap et l'éco-organisme Ecofolio mènent actuellement une étude sur le dispositif à mettre en place dans le cadre de la loi REP. Noël Mangin plaide pour l'organisation de collectes spécifiques dans les zones denses de bureau, via par exemple des bacs communs dans les immeubles.
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