ESPACE FÉDÉRATIONS > Matériaux, Céramique > 1 Actualités > Allia ferme une usine en Touraine (Les échos 25 février 2010)    

Allia ferme une usine en Touraine

 

L'équipementier de sanitaires et de salles de bains Allia, filiale du groupe finlandais Sanitec, poursuit sa cure d'amaigrissement en France. 118 postes de production sont supprimés en Touraine.

 

Le finlandais Sanitec, leader européen de l'équipement des sanitaires (25 sites de production dans le monde, 875 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2008), ampute sa filiale française Allia. Son usine Produits Céramiques de Touraine à Selles-sur-Cher (Loir-et-Cher) va stopper la production de receveurs de douche en grès d'ici à la fin du premier trimestre : 118 des 200 emplois du site sont concernés. Les quelque 80 autres salariés, tournés vers l'assemblage et la logistique, sont conservés. « Cette usine est la plus petite du groupe et elle n'est plus rentable. Allia France perd de l'argent depuis deux ans, indique Jean-Nicolas Conroy, PDG d'Allia France et vice-président Europe du Sud de Sanitec. Nous transférons ces produits vers Gaeta, au sud de Rome, et à Wloclawek, à l'ouest de la Pologne. »

 

Des reclassements possibles

Contrôlé depuis 2005 par le fonds d'investissement suédois EQT détenu par la famille Wallenberg, Allia France (109 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2009, - 10,6 %) avait déjà supprimé 113 postes à Digoin (Saône-et-Loire) l'an passé et fermé l'usine Polyroc de Vendôme (Loir-et-Cher) en 2006. Son effectif est passé sous la barre des 1.000 salariés en France (980 collaborateurs). « Produire en France des WC, des lavabos, des baignoires dans lesquels la main-d'oeuvre représente 55 % du coût revient trop cher à l'entreprise », argumente Jean-Nicolas Conroy, qui déplore un recul de 10 à 15 % du marché de la salle de bains en Europe de l'Ouest depuis deux ans et la concurrence de fabricants turcs, égyptiens, hongrois et roumains.

 

Sonnés par cette nouvelle, les syndicats de Selles-sur-Cher déplorent les délocalisations vers les pays de l'Est, où les effectifs de Sanitec ont plus que doublé en cinq ans. Le comité d'entreprise a demandé la nomination d'un expert. Sur les 118 postes, des reclassements seront proposés vers les autres usines européennes, peut-être vers celles de Limoges, Digoin et Troyes. « La loi nous impose de présenter toutes les opportunités, y compris en Pologne, mais on en connaît l'issue. Les salariés n'iront pas. Nous sommes pourtant contraints de les présenter », avertit Jean-Nicolas Conroy.