ACTUALITÉS > À L'USINE ROL PIN, UNE GREVE QUI PEUT DURER (Sud-ouest 23 février 2010)    

À l'usine Rol Pin, une grève qui peut durer

L'usine Smurfit Rol Pin de Labouheyre, qui produit des panneaux de contreplaqué, est bloquée depuis 9 heures hier matin par une grève. À l'appel du syndicat FO, qui tient le comité d'entreprise, rejoint par la CGT et la CGC, les 210 employés, qui affirment être mobilisés à 98 %, contestent les conditions de licenciement des 74 postes prévues par le PSE (Plan de sauvegarde de l'emploi) présenté en décembre dernier. Ils demandent notamment à bénéficier des mêmes primes versées par le groupe SKG (Smurfit Kappa group) dans les autres PSE touchant l'entreprise. « À nous, on ne nous propose que la moitié de ce qui est octroyé aux autres », témoigne Éric Ducout, délégué FO.

Des coûts trop élevés

Les ouvriers de cette entreprise regrettent aussi que la direction refuse de suspendre le plan social, comme ils l'ont proposé, pour ouvrir une table ronde visant à chercher d'autres solutions, passant par de nouveaux investissements ou la recherche d'un repreneur. « L'usine n'a pas investi depuis longtemps, précise un syndicaliste, aussi avons-nous des coûts de production trop élevés par rapport à la concurrence. Nous avons donc perdu des clients, ce qui explique les mauvais résultats financiers. »

Toute la journée d'hier, les salariés ont bloqué l'usine de Labouheyre et empêché l'accès aux poids lourds, afin de tenter de trouver un accord de négociation avec la direction. Mais hier soir à 20 heures ils n'avaient rien obtenu, indiquant leur crainte que les responsables ne veuillent faire traîner les choses. « Impossible de les faire bouger, déplore M. Ducout, on a l'impression qu'ils veulent assainir l'entreprise avant de chercher à la revendre. »

Hier soir, les salariés se déclaraient disposés à maintenir le dialogue, même toute la nuit s'il le fallait, sans aller jusqu'à bloquer leur directeur dans l'usine. Mais le conflit pourrait durer, le préavis de grève déposé par les salariés étant illimité.

La rédaction de « Sud Ouest » n'a pas pu joindre hier le directeur du site Marc Vincent pour entendre son point de vue.

Le plan de licenciement de Pinguin Aquitaine annulé

Le plan de licenciement de Pinguin Aquitaine, qui prévoyait la suppression de 20 à 25 postes dans cette entreprise produisant des légumes surgelés, a été purement et simplement annulé. Les salariés, qui avaient entamé des négociations pour une solution basée sur le chômage partiel, sans licenciements, ont fait valoir un point de droit.

Constatant qu'à l'échelon européen le groupe Pinguin comptait plus de 1 000 salariés, ils ont obtenu, après un référé devant le tribunal de grande instance, le report pour irrégularité de ce plan.

La direction a donc dû retirer son projet, mais elle prépare une nouvelle restructuration du site, qui sera présentée sous peu au comité d'entreprise.

« Ils se trompent de cible »

Pour attirer l'attention, les salariés de la Rol Pin ont bloqué hier matin le site de stockage de bois de pins abattus par la tempête mis en place par la scierie Archimbaud, de Labouheyre. Un site sous aspersion d'une capacité de stockage de 270 000 tonnes, que l'entreprise venait de commencer à remplir, et qui enregistrait depuis peu la rotation de 80 à 100 camions par jour.

« Ils se trompent de cible, réagit Jean-Pascal Archimbaud, patron de cette scierie, qui gère une autre entreprise dans les Deux-Sèvres. Je n'ai rien à voir avec la société Smurfit, mis à part que je lui rachète ses noyaux de déroulage pour fabriquer nos planches à palettes. Je comprends qu'ils veuillent régler leurs problèmes, mais pourquoi faut-il en créer aux autres ? »

Remonté contre ce blocage illégal de son entreprise, M. Archimbaud annonce « bien vouloir attendre ainsi gentiment pendant un jour ou deux, mais il ne faudrait pas que cela dure. »